Record du marathon : les chronos qui repoussent les limites humaines

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Deux heures. Pendant des décennies, ce seuil a semblé aussi infranchissable qu’un mur invisible. Aujourd’hui, les meilleurs marathoniens du monde s’en approchent au point de faire douter la physiologie elle-même. Voici tout ce qu’il faut savoir sur les records du marathon, leur histoire et ce qu’ils nous disent sur les limites de la performance humaine.

Les records du monde actuels chez les hommes et les femmes

Le record du monde masculin du marathon est détenu par le Kényan Kelvin Kiptum, avec un temps de 2h00’35” réalisé à Chicago en octobre 2023. Ce chrono a fracassé le précédent record de son compatriote Eliud Kipchoge d’une marge exceptionnelle : plus d’une minute, ce qui est colossal sur la distance.

Du côté des femmes, c’est la Kényane Ruth Chepngetich qui détient le record depuis le marathon de Chicago 2024, avec un temps de 2h09’56”. Elle est la première femme à passer sous la barre des 2h10, une performance qui a stupéfait le monde de l’athlétisme.

Ces deux records sont homologués par World Athletics, la fédération internationale d’athlétisme, sur des parcours certifiés point à point ou en boucle.

La progression historique des records : un siècle d’accélération

Le premier record du monde officiel du marathon masculin remonte à 1908, avec un temps de 2h55’18”. En un peu plus d’un siècle, l’humanité a donc gagné près de 55 minutes sur la distance des 42,195 km. Une progression qui s’est accélérée de façon spectaculaire à partir des années 1990.

Quelques jalons marquants chez les hommes :

  • 1988 : Belayneh Dinsamo passe sous les 2h07 (2h06’50”)
  • 1999 : Khalid Khannouchi franchit la barre des 2h06 pour la première fois
  • 2018 : Eliud Kipchoge descend à 2h01’39” à Berlin
  • 2023 : Kelvin Kiptum établit l’actuel record à 2h00’35”

Chez les femmes, la progression est tout aussi impressionnante. Paula Radcliffe avait tenu le record pendant 16 ans avec son 2h15’25” de Londres en 2003, avant que Brigid Kosgei ne le batte en 2019. Ruth Chepngetich a ensuite tout réécrit en 2024.

Quels facteurs expliquent ces performances extrêmes ?

Derrière ces chronos hors norme, plusieurs éléments se combinent. Le premier, et le plus visible, est la révolution des chaussures à plaques carbone. Depuis l’arrivée des Nike Vaporfly en 2017, l’économie de course des athlètes s’est améliorée de 4 à 5 %, ce qui représente plusieurs minutes sur un marathon.

Mais les chaussures n’expliquent pas tout. Les autres facteurs déterminants sont :

  • La préparation scientifique : nutrition, récupération, altitude, biométrie fine
  • Les lièvres et le protocole de course : allure parfaitement régulée, formation aérodynamique
  • Le choix du parcours : Berlin et Chicago sont reconnus comme les tracés les plus rapides du monde, plats et peu ventés
  • La génétique des athlètes est-africains : capacité cardiorespiratoire, morphologie et VO2 max exceptionnels

L’interaction de tous ces facteurs crée des conditions optimales que les organisateurs de grandes épreuves reproduisent désormais de façon quasi industrielle.

Ce que ces records signifient pour le coureur amateur

À l’échelle du semi-marathon ou du marathon amateur, ces records semblent appartenir à un autre monde. Et pourtant, ils sont une source d’inspiration directe. Chaque progrès enregistré au sommet finit par se diffuser vers les pratiquants : les chaussures à plaques carbone, par exemple, sont aujourd’hui accessibles à tous les coureurs.

Pour un participant au semi-marathon de Lille ou à toute autre course populaire, comprendre les records du marathon, c’est aussi mieux appréhender sa propre progression. La répartition de l’allure, le travail en fractionné, l’attention portée à la récupération : autant d’outils que les élites ont popularisés et que les amateurs adoptent désormais.

La quête du record personnel, même à l’échelle d’un 21 km, repose sur les mêmes principes fondamentaux. La distance change, l’intensité de la préparation aussi, mais la philosophie reste identique : repousser ses propres limites, un entraînement après l’autre.

FAQ : vos questions sur les records du marathon

Eliud Kipchoge détient-il encore le record du monde ?

Non. Eliud Kipchoge a détenu le record officiel de 2018 à 2023 avec un temps de 2h01’09” (Berlin 2022). Il a été battu par Kelvin Kiptum à Chicago en octobre 2023, qui a établi le nouveau record à 2h00’35”. Kipchoge reste cependant la figure la plus emblématique du marathon moderne.

Le record de moins de 2 heures est-il officiel ?

Non. En octobre 2019, Eliud Kipchoge a couru le marathon en 1h59’40” à Vienne lors du projet “Ineos 1:59 Challenge”. Cette performance n’est pas homologuée par World Athletics car les conditions étaient trop assistées : lièvres en rotation, tracé en aller-retour sur mesure, ravitaillement motorisé.

Quel est le record de France du marathon ?

Le record de France masculin est détenu par Morhad Amdouni avec un temps de 2h05’22” réalisé à Rotterdam en 2019. Chez les femmes, le record de France appartient à Clémence Calvin avec 2h23’41”, établi à Dubaï en 2019.

Quel est le marathon le plus rapide du monde ?

Le marathon de Berlin est généralement considéré comme le plus rapide. Son tracé plat, son faible dénivelé et ses conditions climatiques automnales favorables en font le circuit idéal pour les tentatives de record. La majorité des records du monde masculins y ont été battus.

À quelle allure courent les recordmen du marathon ?

Kelvin Kiptum a couru à une allure moyenne d’environ 2’51” par kilomètre, soit 21 km/h de moyenne sur 42,195 km. Pour comparaison, un coureur amateur qui finit un semi-marathon en 1h45 tourne autour de 5’00” au kilomètre, ce qui illustre l’écart astronomique avec le niveau mondial.

Les records du marathon continuent d’évoluer et chaque saison apporte son lot de surprises. Que vous couriez pour décrocher votre propre record personnel sur un semi ou que vous rêviez du marathon, ces performances de l’élite rappellent une vérité simple : les limites sont faites pour être repoussées.